Pourquoi les mesures destinées à assurer l’avenir financier des régimes de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC pèseraient-elles exclusivement sur les salariés, les chômeurs et les retraités? Les propositions mises sur la table par la délégation patronale lors d’une troisième séance de négociations, le 15 janvier, n’ont pas suscité l’enthousiasme des syndicats, loin de là. Le projet d’accord présenté par le MEDEF va plus loin que ses propositions initiales. Le patronat préconise désormais une sous-indexation des pensions par rapport à l’inflation de -1,5 point dès le 1er avril 2013, et de moins un point pour les quatre années suivantes, jusqu’en 2017. Autrement dit un quasi-gel des pensions. Le MEDEF veut en outre une baisse des pensions de réversion– majoritairement versées aux veuves: elles passeraient de 60% à 56% de la pension du conjoint décédé et seraient calculées au prorata des années de mariage. 

FO POUR UNE HAUSSE DE LA COTISATION 

Quant aux droits validés par les chômeurs au titre de la retraite complémentaire, ils seraient réduits d’environ 30%. 

Au chapitre de la trésorerie, le MEDEF a réitéré sa préconisation de procéder au versement des cotisations mensuellement, et non plus chaque trimestre, ce qui permettrait de récupérer en une fois 10 milliards d’euros. 

Du côté des ressources, le patronat continue de refuser toute hausse de cotisation. Or, pour Philippe Pihet, Secrétaire confédéral FO chargé des retraites, «la discussion ne peut commencer que dès l’instant où l’augmentation de la cotisation sera abordée». «Il n’est pas question pour nous d’un accord dans lequel la certitude d’un financement pour assurer l’avenir des régimes n’est pas acquise», indique le responsable FO. Les négociateurs, qui doivent se retrouver le 6 février, se sont donné jusqu’au début du printemps pour conclure. L’enjeu est très important – près de douze millions de retraités sont concernés – et les discussions s’annoncent difficiles dans un contexte où le gouvernement va lancer au printemps sa concertation en vue d’une réforme des retraites. Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a indiqué qu’une désindexation des retraites complémentaires par rapport à l’inflation «serait un élément d’appréciation très important».